LES MEILLEURS JOUEURS

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Les joueurs suivants font partie du gratin sur le circuit international des tournois de poker. Ce sont les meilleurs parmi les meilleurs; des maestros du poker qui arrive à gagner des coups d'un autre monde.

Les légendes du poker

Faites connaissances avec tous ces noms qui resteront à tout jamais gravés dans l'histoire passionnante et mouvementée du poker. Ces joueurs sont ceux qui font fumer le tapis vert avec une carrière ponctuée de victoires retentissantes et lucratives.
Les champions de poker font rêver et depuis l'avénement de Chris Moneymaker et Greg Raymer, n'importe qui peut prétendre à la consécration grâce aux qualifications sur Internet.
Quelques parties ou mains mémorables entre des champions de poker sont aussi décrites sur cette page.

JOHNNY MOSS ET NICK DANDOLOS

Les joueurs de poker professionnels ont longtemps été assimilés à des hors-la-loi et, tout comme ces derniers, ils ont fini par acquérir aux yeux du grand public une espèce d'aura romantique inversement proportionnelle au discrédit dont ils faisaient l'objet. La considération dont ils jouissent aujourd'hui n'a cependant rien à voir avec une quelconque « fascination du mal ». Leur capacité à miser des sommes d'argent considérables sur une simple intuition, à deviner les pensées de leurs adversaires tout en dissimulant les leurs et à vivre de leur talent sont de nos jours des qualités universellement reconnues. Ce même professionnalisme qui autrefois les rendait suspects est aujourd'hui le gage de leur respectabilité.

Johnny Moss

Souvent surnommé le « Grand Old Man » du poker (son doyen, en quelque sorte), Johnny Moss (1907 - 1997) a grandi à Odessa, dans l'état du Texas, où il apprit à jouer aux cartes en fréquentant des tricheurs professionnels. Sa capacité à déceler les manipulations des joueurs peu scrupuleux lui valut d'être employé dans un saloon pour surveiller les tables de jeu. C'est en regardant les autres jouer qu'il se familiarisa avec le poker. Il finit par quitter son Texas natal et, pendant quelques années, mena l'existence d'un rounder, comme on surnomme les joueurs de poker itinérants aux États-Unis.
Devenu malgré lui un expert de la triche, il n'était pas rare que Moss se sente obligé de dégainer son revolver pour faire respecter les règles du jeu, lorsqu'il soupçonnait un joueur d'être malhonnête. Il dut plusieurs fois prier ses adversaires, sous la menace d'une arme à feu, de se déshabiller devant lui pour s'assurer qu'ils n'étaient pas équipés d'une holdout machine, ces appareils conçus pour fournir la carte manquante au moment voulu. Un jour, il remarqua un trou dans le plafond au-dessus de lui et soupçonna aussitôt ses adversaires d'épier ses cartes. Devant leurs protestations d'innocence, il ne trouva rien de mieux à faire que de sortir son arme et de tirer un coup de feu au plafond. Blessé, l'espion fut obligé de battre en retraite.
Jusqu'à sa mort en 1997, Moss a régulièrement participé au WSOP. Au total, il a remporté huit bracelets d'or et 680 000 dollars de prix. Il a également été sacré trois fois champion du monde.

Moss vs Dandolos (Las Vegas, 1949)

Cette partie de poker légendaire s'est déroulée à Las Vegas en 1949, à l'initiative de Nicholas Dandolos. « Nick le Grec », comme il était surnommé, avait contacté le propriétaire de casino Benny Binion pour lui demander d'organiser une partie d'un genre un peu particulier: un duel sans limite d'enchères, avec un adversaire qui, tout comme lui, serait prêt à miser des sommes considérables. Binion accepta d'organiser la partie à deux conditions: qu'il puisse choisir l'adversaire lui-même et que le match se déroule en public. Il contacta son vieil ami Johnny Moss, qui était déjà considéré comme un des meilleurs joueurs du monde, et l'invita à se rendre à Las Vegas. La partie commença dès le lendemain de son arrivée. Dandolos, dont on pense qu'il était arrivé à Las Vegas avec 10 millions de dollars en poche, amassés à New York au cours d'une saison particulièrement faste, parvint à garder le dessus pendant quelques semaines. Le marathon dura cinq mois, attirant des foules de curieux. Dandolos finit par s'avouer vaincu en prononçant ces paroles restées célèbres: « M. Moss, je vais devoir vous laisser partir. » On estime que ses pertes s'élevaient à 2 millions de dollars.

Nicholas « Nick le Grec » Dandolos

L'un des joueurs les plus intrépides de tous les temps, Nicholas Dandolos est né en Crète en 1883. Ayant émigré en Amérique du Nord à l'âge de 18 ans, il commença à jouer au poker à Montréal, où il rencontra le jockey Phil Musgrave, dont les conseils lui permirent de gagner 500 000 dollars en l'espace d'une saison hippique. Il partit ensuite vivre à Chicago, où il jeta son dévolu sur les jeux de cartes et de dés. Son aptitude prodigieuse à calculer les probabilités a fait de lui un des meilleurs joueurs de poker du xxe siècle. On estime qu'au cours de sa carrière, il aurait gagné 500 millions de dollars au jeu. Il est mort sans le sou le jour de Noël 1966.

BRUNSON, HELLMUTH, SMITH ET HOOKS

Doyle « Texas Dolly» Brunson

Nombreux sont les joueurs de poker qui ont eu des vies mouvementées. Doyle « Texas Dolly» Brunson ne fait pas exception à la règle. Né à Longworth, dans l'état du Texas, en 1933, cet homme au physique imposant rêvait de devenir un joueur de basket-ball professionnel. Un accident de travail qui lui brisa la jambe en deux endroits l'obligea à revoir ses projets. C'est à cette époque qu'il prit conscience que son travail lui rapportait moins d'argent que les parties de poker auxquelles il participait régulièrement. En s'associant à Thomas « Amarillo Slim » Preston et Brian « Sailor » Roberts, Brunson commença à gagner sa vie dans les salles de jeu du Texas. Après six années passées ensemble, leur collaboration se termina du jour au lendemain après qu'ils eurent perdu tout leur argent à Las Vegas: plusieurs millions de dollars furent engloutis en l'espace de quelques semaines. Rentré chez lui sans le sou, il ne se découragea pas pour autant. Des années plus tard, après avoir miraculeusement guéri d'un cancer, Brunson retourna à Las Vegas et finit même par s'y installer de manière permanente en 1973. Le WSOP, qui venait juste d'être créé, focalisa toute son attention. Il fut sacré champion du monde en 1976 et en 1977. Chose extraordinaire, il remporta les deux tournois avec la même main: un full aux 10 par les 2. Son livre, Doyle Brunson's Super System: A Course in Power Poker, a été publié pour la première fois en 1978. Il est toujours considéré comme un grand classique. Aujourd'hui septuagénaire, Brunson continue de jouer au poker et remporte encore régulièrement des tournois.

Phil Hellmuth

Né à Madison, dans l'état du Wisconsin, Phil Hellmuth est devenu célèbre en remportant l'épreuve de championnat du WSOP de 1989 à l'âge de 24 ans. Depuis, il s'est imposé comme un des meilleurs joueurs de poker de sa génération. Mais en dépit du respect qu'inspire son talent indéniable, Hellmuth ne s'est pas toujours fait que des amis dans le monde du poker. Le titre de son autobiographie, Poker Brat (" le sale gosse du poker "), fait référence à ses mauvaises manières de table. Il lui arrive en effet régulièrement de se mettre en colère en cours de partie et de chercher à ridiculiser ses adversaires, ce qui lui a valu de sévères réprimandes et explique sa réputation exécrable.
Bien qu'il se soit quelque peu assagi avec l'âge, Hellmuth est assez intelligent pour comprendre que c'est sa personnalité, autant que son talent, qui lui a valu de devenir le chouchou des médias. Depuis sa victoire en 1989, Hellmuth a remporté plus de 50 tournois. Dans le classement des joueurs les plus récompensés du WSOP, il apparaît en seconde place. En mars 2005, il a gagné le National Heads-Up Poker Championship de Las Vegas, remportant 500 000 dollars. Il a également triomphé dans la troisième série de Late Night Poker, un tournoi télévisé britannique. Hellmuth est l'auteur de trois livres et d'une vidéo sur le poker.

Smith vs Hooks

Le caractère exceptionnel de ce coup, disputé par deux joueurs de haut niveau, lui a valu d'entrer dans la légende. Kenny Smith, célèbre pour ses hauts-de-forme et pour s'être écrié « qµel joueur! » chaque fois qu'il remportait un coup, fut aussi un grand joueur d'échecs et l'un des assistants de Bobby Fischer au cours du championnat du monde de 1972. Le coup qui le rendit célèbre fut joué entre lui et Bob Hooks au cours d'une partie de Texas Hold'em. Hooks avait suivi après le blind (la mise obligatoire engagée par le joueur situé à la droite du donneur), et Smith l'avait relancé agressivement, avant même que les cartes communes n'aient été distribuées. Hooks, qui tenait une paire de rois, décida de miser tous ses jetons. Confronté à un terrible dilemme, Smith se mit à dévisager son adversaire, sans montrer la moindre intention de prendre une décision. Après plusieurs minutes, alors que tout le monde se demandait comment la situation allait se résoudre, Hooks brisa les règles les plus élémentaires du poker et regarda calmement les cartes de Smith. Découvrant une paire d'as, la seule main qui pouvait théoriquement le battre à ce stade, il saisit les pions de son adversaire et les plaça au milieu de la table, après quoi ils jouèrent le coup jusqu'à sa conclusion, et Hooks perdit la partie.

ULLIOTT, PEARSON ET PRESTON

Dave « Devilfish » Ulliot

Ce joaillier originaire de Hull, dans le nord de l'Angleterre, est un des meilleurs joueurs du monde. Il s'est fait connaître en participant à la première série de Late Night Poker, l'émission télévisée qui a relancé l'intérêt pour le poker en Grande-Bretagne. Il s'est tout de suite fait remarquer pour son sens de l'humour et de la repartie. Son sang-froid et son approche à la fois très agressive et parfaitement calculée du poker lui ont souvent valu d'être taxé d'arrogance. Il n'en reste pas moins qu'après avoir remporté 3 millions de dollars au cours des nombreux tournois auxquels il a participé, Ulliott peut aujourd'hui se considérer comme un des meilleurs joueurs du monde. Il a gagné le respect de ses pairs au WSOP de 1997 en remportant le tournoi de pot-limit Texas Hold'em à 2000 dollars - devenant par la même occasion l'un des premiers non-Américains à remporter un tournoi du WSOP. Depuis, il participe chaque année au WSOP et apparaît régulièrement à la
télévision. Son surnom de « Devilfish » (( le poisson diable ») fait référence à un duel de pot-limit Omaha qu'Ulliott disputa avec Men « The Master » Nguyen. S'il n'est pas cuit selon les règles de l'art, l'ingestion de poisson diable peut s'avérer fatale, comme « Le Maître» en fit l'amère expérience ce soir-là, en perdant la partie contre Ulliott dont il avait vraisemblablement sous-estimé la pugnacité.

Walter « Puggy » Pearson

Ce personnage haut en couleur s'est illustré à Las Vegas au cours des années 1960 et 1970. Considéré comme un des plus grands joueurs de poker de son époque, il était également passionné de golf. Il aimait particulièrement parier sur l'issue de la partie en cours avec ses adversaires, et s'il ne fut jamais un champion de golf, son art du pronostic lui permit de soutirer de l'argent à des golfeurs beaucoup plus doués que lui.

Il remporta le tournoi de no-limit Texas Hold'em au WSOP de 1973, étant arrivé second l'année précédente. C'est à lui que l'on doit l'idée de freeze-out, qui, depuis son introduction à Las Vegas, a été adoptée par la majorité des tournois de poker du monde. Selon le principe du freeze-out, tous les joueurs commencent avec un même nombre de jetons et ils n'ont pas le droit d'en racheter en cours de partie. Le vainqueur est celui qui finit par gagner tous les jetons en circulation. C'est très simple, mais il fallait y penser... Walter Pearson est décédé en avril 2006.

Thomas « Amarillo Slim » Preston

S'il y a un nom qui est lié au poker moderne, c'est bien celui d'«Amarillo Slim», le pseudonyme de Thomas Austin Preston Jr. Ce merveilleux conteur d'anecdotes a intitulé son autobiographie Amarillo Slim in a World full of Fat People (Amarillo Slim dans un monde de gros). Preston n'a pas quitté le devant de la scène depuis 1972, lorsqu'il remporta le troisième championnat WSOP et s'embarqua aussitôt pour une tournée de shows télévisés et d'événements promotionnels qui le rendirent célèbre auprès du grand public. Toujours coiffé de son inséparable stetson, Preston a l'allure d'un vrai cow-boy texan. Né dans l'Arkansas, il a grandi à Amarillo. Il a commencé à jouer au poker lorsqu'il avait 20 ans, ce qui est relativement tard si on le compare à Johnny Moss ou Doyle Brunson. Au cours de sa longue carrière, il eut l'honneur de jouer contre deux présidents des États-Unis (Lyndon Johnson et Richard Nixon) et, dans un registre tout à fait différent, contre Pablo Escobar! Kidnappé par erreur alors qu'il se trouvait en Colombie pour participer à la promotion d'un nouveau casino, il eut l'occasion pendant sa captivité de jouer au poker avec le célèbre narcotrafiquant. À l'âge de 80 ans, Preston s'est plus au moins retiré du monde du poker, s'étant déclaré « à bout de cartes» après un demi-siècle de compétition acharnée qui lui a valu la gloire, la fortune et pas moins de quatre bracelets WSOP.

JOHNNY CHAN ET STU UNGAR

Johnny « Orient Express» Chan

Originaire de Canton, Johnny Chan est arrivé aux États-Unis en 1968. Après s'être fait renvoyer de l'université de Huston, où il était parti étudier l'hôtellerie, Johnny Chan est devenu joueur de poker professionnel à la fin des années 1970. Cet habitué de Las Vegas eut d'abord quelques difficultés à s'imposer. Lorsqu'il évoque ses débuts, il est le premier à reconnaître qu'en dépit de ses nombreuses victoires, il avait une fâcheuse tendance à perdre son sang-froid, surtout après un revers de fortune. Il parvint néanmoins à atteindre le plus haut niveau en remportant l'épreuve principale du WSOP en 1987 et en 1988, répétant l'exploit de Doyle Brunson dix ans plus tôt. Un troisième titre lui échappa de justesse en 1989 lorsqu'il fut battu par Phil Hellmuth. Dix ans plus tard, son apparition dans le film Les Joueurs consolida sa réputation de meilleur joueur du monde.
En plus d'être un joueur de poker professionnel, Chan a investi une partie de ses gains dans une chaîne de fast-food, une manière de perpétuer la tradition familiale. Il est également consultant auprès de plusieurs casinos. Son rêve serait d'ouvrir son propre établissement. Il a remporté son dixième bracelet WSOP en 2005 en gagnant l'épreuve de pot-limit Texas Hold'em à 2500 dollars, égalant l'exploit de Doyle Brunson.

Stu « The Kid » Ungar

Ayant remporté le WSOP à trois occasions, Stu Ungar est souvent considéré comme le meilleur joueur de tous les temps: le plus précocement doué et l'un des plus tragiques. Doué d'une aptitude exceptionnelle pour le calcul mental, ce New-yorkais s'intéressa aux jeux de cartes dès son plus jeune âge. Il remporta son premier tournoi de gin rummy à l'âge de 10 ans et devint joueur professionnel à 14 ans. Il quitta l'école après qu'un bookmaker (un organisateur de paris semi-clandestins) eut payé son droit d'entrée dans un tournoi de gin rummy et qu'il l'eut remporté sans perdre une seule main. À peine avait-il empoché les 10 000 dollars du premier prix qu'il les perdit en un week-end aux champs de courses, un schéma qui allait se répéter tout au long de son existence.
Stu partit aussitôt à Miami à la recherche de parties de gin rummy à grosses enchères. Tout l'argent gagné aux cartes était aussitôt perdu aux courses de chevaux. Il finit par s'installer à Las Vegas en 1976, où sa capacité à mémoriser les cartes conduisit la direction des casinos à employer plusieurs jeux de cartes aux tables de blackjack. Une série exceptionnelle de mains gagnantes au Caesar's Palace fut un jour interrompue par le directeur du casino. Piqué au vif, Stu énuméra les 18 cartes qui restaient dans le sabot, devant un parterre de badauds admiratifs. Sa réputation d'invincibilité finit par le faire interdire de séjour dans tous les casinos de la ville, non sans que son talent lui eût permis de remporter un ultime pari de 100 000 dollars contre Bob Stupack, le propriétaire du Vegas World. Stupack l'avait mis au défi de deviner la valeur de toutes les cartes contenues dans un sabot de black-jack à moitié vide, ce qu'Ungar parvint à faire, énumérant la valeur des quelques 150 cartes restantes sans commettre la moindre erreur. En 1980, il s'inscrivit à son premier tournoi de poker et remporta l'épreuve principale du WSOP. Il avait 24 ans. Il répéta l'exploit l'année suivante, ce qui lui valut d'être surnommé « The Kid ». Sa consommation de cocaïne et d'amphétamines finit cependant par entraîner sa perte. En 1997, alors qu'il était considéré comme irrécupérable, il parvint à s'inscrire au WSOP après qu'un joueur professionnel, Billy Baxter, eut payé son droit d'entrée de 10 000 dollars. La troisième victoire d'Ungar lui permit de partager le prix d'1 million de dollars avec son sponsor.
À peine un an plus tard, il décéda d'une crise cardiaque dans un motel de Las Vegas. On estime aujourd'hui ses gains au cours de sa carrière de joueur professionnel à 30 millions de dollars. Son attitude est parfaitement résumée par cette réponse qu'il fit à un journaliste qui lui demandait ce qu'il allait faire avec son argent, après avoir gagné le WSOP de 1980 : « Le parier! » répondit le jeune champion, hilare. Au cours de sa carrière, il a participé à trente grands tournois de no-limit Hold'em, avec des buy-in d'au moins 5 000 dollars. Il en a gagné un sur trois, un taux de réussite qu'aucun autre joueur professionnel n'est jamais parvenu à égaler.

LES JOUEURS EUROPÉENS

La bande de Hendon

C'est en participant régulièrement à une partie organisée à Hendon par Joe Beeves que les frères Barny et Ross Boatman ont rencontré Ram Vaswani. Un beau jour, les quatre compères ont décidé de mettre leurs ressources en commun et d'aller se mesurer aux meilleurs joueurs du monde. Réputés pour leur sens de l'humour autant que pour leurs qualités de joueurs, ils se sont fait connaître du grand public en participant régulièrement à l'émission télévisée Late Night Poker. Les membres de la bande de Hendon sont tous engagés dans la promotion du poker auprès du grand public et ils participent régulièrement à des tournois télévisés.
Barny « The Humour» Boatman, le plus âgé des deux frères Boatman, a fait toutes sortes de métiers avant de devenir un joueur de poker professionnel. Son premier succès dans un tournoi de poker a eu lieu au Grosvenor Victoria Casino, à Londres, où il remporta un tournoi de stud à 7 cartes. Il a depuis terminé en 16e place au championnat du monde du WSOP en 2000 et figure régulièrement à la table des finalistes des grands tournois internationaux. Il est également très sollicité pour commenter les tournois de poker pour la télévision.
Son frère Ross, à la différence des autres membres de la bande, s'est d'abord fait connaître en tant qu'acteur. Il a terminé second dans la deuxième série de l'émission télévisée Late Night Poker. Il a également remporté plusieurs prix au cours de l'European Poker Tour et du World Poker Tour. Il est arrivé 34e à l'épreuve de championnat du WSOP en 2002. Si Boatman continue de se considérer avant tout comme un comédien, il est le premier à reconnaître que le poker est infiniment plus profitable.
Joe « The Elegance» Beevers a appris à jouer aux cartes avec son père. Après avoir terminé ses études de finance et de comptabilité, il a travaillé pour la Citybank à Londres avant de se consacrer entièrement au poker. Il fut le premier membre de la bande de Hendon à remporter un prix au WSOP, en 1996, en participant au tournoi de pot-limit Texas Hold'em. En 2005, il a remporté un prix dans l'épreuve de championnat (le tournoi de Texas Hold'em no-limit à $10 000).

Ram « Crazy Horse » Vaswani, a tourné le dos à une carrière de joueur de snooker professionnel lorsqu'il a compris que le poker était plus profitable. Vaswani a réalisé quelques performances mémorables au cours de Late Night Poker, sans pour autant jamais parvenir à gagner une série. À Las Vegas, sa meilleure performance le vit arriver second lors d'un tournoi combiné de stud à 7 cartes et de Texas Hold'em.

Les joueurs français

Fabrice Soulier, dit « Fabsoul », qui a partagé un temps sa vie entre la réalisation d'émissions de télévision et le fréquentation nocturne de l'Aviation Club de France, a choisi finalement de devenir joueur professionnel aux États-Unis, consacrant sa vie aux tournois live et en ligne. Il participe à de nombreux tournois du WPT et a terminé premier du classement général des « Grand Series of Poker» sur Pokerroom, un championnat en ligne.
Bertrand Grospellier, dit « Elky », ancien professionnel du jeu vidéo, a réalisé de belles performances lors des tournois de l'European Poker Tour, en particulier une place de second au Scandinavian Open à Copenhague en février 2007. Il a accumulé 400 000 dollars de gains en 2006 et est connu pour son jeu agressif.
Joueur de poker amateur depuis son plus jeune âge, l'acteur et chanteur Patrick Bruel a connu son heure de gloire en remportant le tournoi WSOP de
5 000$ Limit Hold'em en 1998 à Las Vegas et en empochant 224 000 dollars. Il a contribué au succès populaire du poker en France grâce à son DVD de conseils Poker Coach et à ses commentaires des tournois du World Poker Tour diffusés sur Canal+.
David Benyamine, qui fut d'abord joueur de tennis et de billard, est aujourd'hui un des meilleurs joueurs de high-limit français. Inspiré par la victoire en tournoi de Patrick Bruel, il a vite côtoyé les meilleurs joueursl ce qui lui a fait perdre gros. Il est pourtant maintenant un des joueurs les plus titrés au Word Poker Tour, avec deux victoires. C'est aussi un habitué du Big Game, qui se tient au Bellagio de Las Vegas, où il se mesure aux légendes vivantes du poker.

MONEYMAKER, STRAUS ET TOMKO

Chris Moneymaker

Cet expert-comptable a fait les gros titres des journaux le jour où il a remporté l'épreuve de championnat du monde WSOP de 2003, après s'être qualifié par le biais d'un tournoi satellite. N'ayant dû débourser que la modique somme de 40 dollars pour participer à l'une de ces compétitions préliminaires, il parvint au terme d'une série de tournois à obtenir une place au championnat du monde, pour une valeur de 10 000 dollars. Après être venu à bout des 8 387 autres concurrents, il finit par remporter les 2,5 millions de dollars du premier prix. Un beau retour sur investissement. Sa victoire a démontré que l'on pouvait devenir champion du monde en jouant en ligne. Encouragés par son exploit, les millions d'adeptes du poker électronique se sont mis à rêver de gagner un billet pour Las Vegas. Le poker en ligne s'était trouvé un nouveau champion. Très raisonnable, Chris Moneymaker a cependant conseillé à tous ceux qui voudraient suivre son exemple de ne pas abandonner leur métier du jour au lendemain pour devenir joueur professionnel. Moneymaker dirige désormais sa propre compagnie de produits dérivés du poker et participe régulièrement à des tournois.

Jack « Treetops » Straus Surnommé « Treetops » (" la cime des arbres ") en raison de ses 2 mètres 10, Jack Straus s'est fait une réputation d'expert des cash games grâce à son style de jeu créatif et hautement original. Comme Doyle Brunson, Straus a joué au basket-ball à l'université, mais, à la différence de ce dernier, il a toujours su que sa passion principale était le poker. Il a remporté l'épreuve de championnat WSOP en 1982, six ans avant de mourir d'une crise cardiaque pendant qu'il jouait au poker. Respecté et apprécié par ses pairs, ce doux géant était aussi un merveilleux conteur, qui a laissé à la postérité d'innombrables anecdotes, dont certaines étaient beaucoup plus difficiles à croire que d'autres.
L'une de ses histoires les plus extraordinaires concerne une certaine partie de no-limit Texas Hold'em à grosses enchères. Elle illustre parfaitement la créativité de Straus. Un soir qu'il jouait particulièrement bien, plein d'une belle assurance, il décida qu'au coup suivant il relancerait avant le flop - soit avant l'arrivée des cartes communes - quelles que soient ses cartes. Fidèle à son idée, il relança avec un 7 et un 2, une des plus mauvaises mains qui soit. Un autre joueur le suivit. Le flop, en produisant 7, 3, 3, lui donna deux paires. En dépit de leur relative faiblesse, Straus ouvrit les enchères. Son adversaire le relança de 5 000 dollars, ce qui laissait penser qu'il possédait une paire supérieure à la paire de 7 de Straus. Ce dernier décida de suivre en dépit de tout. La quatrième carte commune, le tournant, fut un autre 2. Straus ouvrit les enchères avec 18 000 dollars, nonobstant le fait que sa main ne s'était pas améliorée. Voyant son concurrent hésiter, Straus lui fit une proposition. En l'échange d'un jeton de 25 dollars, Straus voulait bien lui laisser voir une de ses deux cartes, après quoi il serait libre de suivre ou d'abandonner. Son concurrent lui donna les 25 dollars requis et désigna une de ses deux cartes. C'était le 2. Il en conclut que l'autre carte devait être un 2 et que Straus tenait un full. Cédant à la pression psychologique du bluff extrêmement subtil de Straus, il abandonna.

Straus vs Tomko

Comme les tournois n'étaient pas considérés comme le fort de Jack Straus, sa victoire au WSOP de 1982 fut une surprise pour tout le monde, à commencer par l'intéressé lui-même, si l'on en juge par son air ahuri après qu'il eut abattu la main gagnante. La paire de 4 de Dewey Tomko était maître après le tournant, mais un 10 sur la rivière (la dernière des cartes communes) assura à Straus la meilleure paire, le titre et le prix de 520 000 dollars.
Son triomphe est d'autant plus extraordinaire que Straus s'était cru éliminé plus tôt dans le tournoi. Ayant laissé par inadvertance un jeton de 500 dollars glisser sous une serviette, il était sur le point de quitter la table après avoir tout perdu lorsqu'il se rendit compte de son erreur. On le laissa revenir dans le jeu avec ses 500 dollars et il finit par remporter le tournoi.

Dewey Tomko

Après être arrivé second derrière Jack « Treetops » Straus aux championnats WSOP de 1982, il réitéra cet exploit en 2001 en arrivant derrière l'Espagnol Carlos Mortensen, S'il est passé à côté de la première place à deux occasions, cela ne l'a pas empêché de remporter trois bracelets WSOP au cours de sa carrière.
Il joue au poker depuis l'âge de 16 ans. Les salles de billard de Pittsburgh, dans sa Pennsylvanie natale, lui fournirent de nombreuses occasions de perfectionner son jeu. C'est d'ailleurs de cette manière qu'il parvint à financer ses études.
Ce n'est qu'après avoir enseigné plusieurs années en maternelle et s'être rendu compte que le poker était beaucoup plus lucratif qu'il décida de se lancer dans une carrière de joueur professionnel, qui à ce jour lui a rapporté plus de 3 millions de dollars. S'il arrive rarement à décrocher la première place, il n'en reste pas moins un joueur remarquablement constant, et il figure encore régulièrement dans les dix premières places des tournois de tout premier plan.
Dewey Tomko a remporté des tournois WSOP au no-limitTexas Hold'em, au pot-limitOmaha, et au deuce-to-seven draw, une des formes les plus populaires du lowball, dont il est considéré comme un des spécialistes.

LES FEMMES ET LE POKER

Bien que la majorité des histoires de poker soient des histoires d'hommes, les deux dernières décennies ont vu de nombreuses femmes émerger dans le monde des joueurs professionnels et détruire quelques vieux mythes machistes au passage. Si le sexisme n'a pas encore totalement disparu de la table de poker, si la tendance actuelle se confirme, ses jours sont désormais comptés.
L'histoire du poker américain compte de nombreuses joueuses respectées: Belle Siddons, Annie Oakley, Calamity Jane et « Poker Alice» Iver sont les plus célèbres. Le fait que leurs noms soient entrés dans les annales du poker prouve que les femmes jouent au poker depuis longtemps. Des professionnelles comme Cyndy Violette, Jennifer Harman et Melissa Hayden sont quelques-unes des nombreuses femmes qui, ces dernières années, ont réussi à se hisser au sommet de la profession. Quant à la victoire de l'actrice Jennifer Tilly au tournoi féminin de no-limit Texas Hold'em à 1 000 dollars au WSOP de 2005, elle aura grandement contribué à promouvoir le poker auprès des femmes elles-mêmes.

Annie Duke

Annie Duke est considérée comme une des meilleures joueuses de poker de ces dix dernières années. Elle a participé au WSOP pour la première fois en 1994. À cette occasion, elle termina en treizième position, après avoir éliminé son frère en chemin. Howard Lederer jouait déjà au poker depuis plusieurs années lorsqu'il fit découvrir le jeu à sa sœur Annie en 1992. Après avoir joué plusieurs années dans les bars et les clubs de Billings, dans le Montana, elle décida d'aller tenter sa chance à Las Vegas. C'est après avoir gagné 70 000 dollars lors de son premier tournoi que, sur les conseils de son frère, elle décida de devenir une joueuse professionnelle. Son triomphe vint en 2004, lorsqu'elle élimina plusieurs légendes du poker pour remporter le Tournoi des Champions de no-limit Texas Hold'em, qui lui rapporta 2 millions de dollars. Elle est aujourd'hui consultante sur un site de poker en ligne. Elle est également un poker coach très demandé : le tout-Hollywood se l'arrache. Elle produit aussi sa propre série télévisée, et son autobiographie.

Kathy Liebert

Avec plus de 3 millions de dollars à son actif, c'est aujourd'hui la joueuse la plus récompensée du poker féminin. Kathy Liebert est née en 1967. Elle a grandi à New York où elle a étudié l'économie avant de travailler comme analyste financière dans l'état du New Jersey. Après s'être constitué un petit capital grâce à ses investissements, elle quitta la banque et prit de longues vacances. Amatrice de poker, elle joua quelque temps dans le Colorado avant d'aller tenter sa chance à Las Vegas où, sur les conseils d'une amie, elle commença à considérer le jeu comme plus qu'un simple passe-temps.
Depuis lors, elle s'est imposée comme une des meilleures joueuses du circuit. Elle maîtrise par ailleurs de nombreuses variantes. En dépit de son talent évident et de ses gains considérables, Liebert continue de participer à des tournois satellites dans l'espoir de pouvoir un jour s'inscrire au championnat du monde WSOP sans avoir à débourser les 10 000 dollars du
droit d'entrée. Elle a donné un aperçu de son talent et de son originalité en remportant le premier tournoi PartyPoker Million en 2002 grâce à un accord passé avec ses deux adversaires, Beri Kecherian et Phil Hellmuth, selon les termes duquel elle acceptait de partager ses gains en échange de leur désistement en sa faveur. À ce stade de sa carrière, le titre lui semblait plus important que le prix, sachant qu'il l'aiderait sans doute à améliorer ses perspectives d'avenir et à optimiser ses gains futurs.

Kathy Liebert, qui réside désormais à Las Vegas, a remporté cinq prix au cours du WSOP de 2006, son meilleur résultat à ce jour.
Née dans le Tennessee et ayant grandi à Long Island, dans l'état de New York, elle a fait sa première marque dans le monde des joueurs professionnels en gagnant le PartyPoker Million de 2002. Depuis, elle a gagné son premier bracelet WSOP en remportant l'épreuve de fixed-limit Texas Hold'em, Ses gains s'élèveraient actuellement à plus de 3 millions de dollars.

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