LE POKER AU XXE SIECLE
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Si le draw poker et le stud à 5 cartes sont les variantes qui ont remporté le plus de succès au xxe siècle, ce début de xxre siècle a été marqué par le succès des variantes comportant des cartes communes, dont la plus célèbre est le Texas Hold'em. Dans les années 1920, ce sont le Wild Window et le Spit in the Ocean qui les premiers ont familiarisé les jouers avec l'idée des cartes communes. Une autre évolution significative fut l'introduction des variantes high-Iow, au terme desquelles le « pot» (un terme qui désigne l'ensemble des mises engagées pendant le coup) était partagé équitablement entre la main la plus haute et la main la plus basse, après 1'« abattage» (l'instant qui fait suite au dernier tour d'enchères, lorsque les joueurs encore en lice révèlent leurs cartes). Un autre développement fut le lowball, une partie de draw poker dans laquelle c'est la combinaison la plus basse qui s'adjuge le pot.
Le Stud des années 30
Les années 1930 virent l'apparition d'une variante du stud poker où les joueurs se voyaient distribuer 7 cartes au lieu des 5 habituelles. Le nombre de tours d'enchères augmenta. La possibilité pour les joueurs d'obtenir de plus fortes mains, en employant 5 des 7 cartes qui leur avaient été distribuées, ajoutée à la démultiplication des opportunités d'enchères lui assura un succès immédiat. Le stud à 5 cartes fut rapidement éclipsé par l'arrivée de cette nouvelle variante, considérée à juste titre comme beaucoup plus dynamique. Peu après, la version lowball du stud à 7 cartes, surnommée razz, fit son apparition. Le poker à 7 cartes, qu'il soit joué high ou low, était devenu la variante de référence.
Les années 1980 furent marquées par le succès de l'Omaha Hold'em, que l'on appelle généralement Omaha. Joué avec une carte commune, l'Omaha devait ouvrir la voie à la variante qui remporte aujourd'hui le plus grand succès: le Texas Hold'em.
Les livres sur le poker
On peut mesurer le niveau d'intérêt suscité par le poker en étudiant les ouvrages qui au fil des années lui ont été consacrés. Pour se faire une idée de la manière dont il était joué au début du xxe siècle, on consultera le livre de R. F. Foster, Practical Poker, paru en 1905. Les premières références au concept de dealer's choice font leur apparition dès cette époque, ce qui suggère que les joueurs de poker étaient suffisamment familiers avec un certain nombre de variantes pour pouvoir passer de l'une à l'autre sans difficulté. Les nombreuses rééditions du célèbre livre de Hoyle sur les jeux de cartes, dont la première parution remonte à 1742, sont une précieuse source d'informations sur l'évolution du poker et de ses variantes. Plus récemment, la littérature sur le poker s'est enrichie de nombreux ouvrages théoriques consacrés aux aspects stratégiques du jeu, une tendance amorcée par Frank R. Wallace en 1968 avec son ouvrage Advanced Concepts of Poker. Ce fut le premier d'une longue série de livres consacrés à l'étude des stratégies d'enchères dites « agressives », qui d'un commun accord sont celles qui obtiennent les meilleurs résultats.
Les professionnels du poker
Les joueurs professionnels du XI Xe siècle ont sans doute jeté leur dévolu sur le poker, parce qu'en faisant une part plus importante à l'habileté et à la psychologie que les jeux dits de « pur hasard », il leur offrait un meilleur rendement. Muni d'un simple paquet de cartes, on pouvait improviser une partie de poker n'importe où, dès que l'occasion s'y prêtait - ce en quoi le poker avait un net avantage sur le faro et la roulette en s'adaptant admirablement bien au style de vie itinérant des joueurs professionnels. Une arme de poing faisait souvent partie de leur bagage. À cause de l'ostracisme dont ils étaient frappés, il n'était pas rare que les joueurs de poker professionnels n'aient d'autre alternatives que d'exercer leur métier en jouant des avec des hors-la-loi, ce qui n'était pas sans risque. Face à de tels adversaires, il était parfois préférable de perdre afin de ne pas s'attirer d'ennuis.
Pour des joueurs légendaires comme Johnny Moss, Doyle " Texas Dolly " Brunson et Thomas " Amarillo Slim " Preston, devoir se séparer des gains de la soirée sous la menace d'un revolver faisait partie des risques du métier.
LES RÉSERVES INDIENNES
Le succès des jeux de cartes dépassa rapidement le cercle des premiers colons et finit par séduire les Indiens.
L:un des facteurs déterminants de l'essor de l'industrie du jeu aux États-Unis fut l' /ndian Gaming Regu/atory Act de 1988, qui offrait la possibilité aux tribus indiennes de bâtir
des casinos sur les réserves que leur avait allouées le gouvernement fédéral. Le succès commercial de ces établissements, qui attirèrent rapidement des joueurs du pays tout entier, a aidé à créer de nombreux emplois et à garantir une certaine prospérité aux Indiens.
LAS VEGAS
Las Vegas est l'épicentre de l'univers du poker. C'est là que chaque année se déroule le championnat du monde du WSOP, l'événement principal du calendrier du poker mondial. Les facteurs qui ont fait de ce petit point d'eau perdu dans le désert du Nevada la prestigieuse destination touristique qu'il est devenu aujourd'hui sont multiples. Tout a commencé en 1931, une année qui fut marquée dans l'état du Nevada par la libéralisation de la réglementation des jeux d'argent et par le lancement de la construction du barrage Hoover, à cinquante kilomètres de Las Vegas. Toujours à la recherche de nouveaux moyens de diversifier ses activités, le crime organisé vit dans cette coïncidence une occasion inespérée. Les gangs mafieux de New York, Detroit, Saint-Louis et Chicago y firent aussitôt construire de somptueux casinos, prêts à accueillir des milliers d'ouvriers en mal de divertissement et à blanchir l'argent amassé pendant la Prohibition grâce au commerce de l'alcool.
L'âge de la mafia
Benjamin « Bugsy » Siegel, un bookmaker de Brooklyn, fut le premier à comprendre l'opportunité que représentait la nouvelle législation. Il s'associa à l'une des grandes figures de la pègre new-yorkaise, Meyer Lansky, et ensemble ils firent construire le Flamingo Hotel & Casino. Quelques années plus tard, Bugsy succombait à une fusillade, sans doute commanditée par son rival Charles « Lucky » Luciano. Entre-temps, le Las Vegas Strip s'était peuplé de somptueux hôtels-casinos, dont les travaux avaient souvent été financés par le fonds de retraite du tout-puissant syndicat des transporteurs, les Teamsters, qui était contrôlé par la mafia.
Dès les années 1930, le milliardaire misanthrope Howard Hughes avait essayé de convaincre le gouvernement de l'état du Nevada d'autoriser les institutions financières à investir dans des casinos. Peu désireuse de partager un si beau butin, la mafia fit cependant tout ce qu'elle put pour garder le contrôle de Las Vegas, allant jusqu'à recruter les artistes les plus en vue de l'époque pour se donner un air de respectabilité.
Le Rat Pack
À partir des années 1960, les casinos de Las Vegas commencèrent à organiser des spectacles pour faire leur promotion, attirer des clients et, plus généralement, améliorer leur image. Frank Sinatra se produisit régulièrement au Sands Hotel and Casino avec Dean Martin, Sammy Davis Jr, Joey Bishop et l'acteur Peter Lawford, le beau-frère du président John Kennedy. Surnommés le Rat Pack ("la bande de rats"), ils se firent autant remarquer par leurs frasques innombrables que par leur talent, qui était indéniable. L'association de ces artistes de haut niveau avec les casinos du Strip marqua l'apogée de l'époque mafieuse de Las Vegas.
L'âge du Big Business
La mainmise de la mafia sur Las Vegas finit cependant par attirer l'attention des autorités. Les tentatives pour induire les grandes figures du crime organisé en justice ne commencèrent à porter leurs fruits qu'au début des années 1980. L'emprise de la mafia sur Las Vegas se relâcha. Les géants de Wall Street avaient enfin le champ libre. Les années 1980 amenèrent des investissements considérables, comme celui qui vit le groupe Mirage Resort Inc devenir propriétaire du Golden Nugget, du Mirage et du Treasure Island. Les grands groupes de loisir ont mis en tête de promouvoir Las Vegas comme une attraction touristique. Si l'aura du crime organisé fait un peu partie de son charme, cela fait en réalité rette que Las Vegas a quitté le giron de la mafia.
L'âge d'or du poker
Las Vegas est depuis longtemps la destination des joueurs nord-américains. Mais elle ne toujours la capitale du poker. Il faut savoir propriétaires de casinos ont toujours nourri à du poker des sentiments ambivalents. D'un point de vue strictement financier, les tables de poker prennent beaucoup de place sans rapporter autant d'argent que d'autres jeux. C'est le succès du poker auprès du public et la montée en puissance du WSOP qui, depuis plusieurs années, a obligé les casinos à aménager des espaces réservés au poker, dans l'espoir qu'après avoir passé une partie de leur soirée à jouer au Texas Hold'em, leurs clients se laisseront tenter par les autres attractions du casino.


