COMMENT ÇA SE PASSE !
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LE DÉROULEMENT DE LA PARTIE
Bien que chaque variante ait ses règles spécifiques, certains éléments sont communs à toutes les parties de poker. Un coup commence toujours par une distribution des cartes, appelée « donne ». On procède ensuite à un certain nombre de tours d'enchères, jusqu'à ce que le gagnant du coup s'adjuge le pot, soit parce qu'aucun de ses adversaires n'a suivi sa dernière enchère, soit parce qu'à l'abattage il a montré qu'il avait la meilleure main. Les enchères commencent généralement avant la donne, lorsque certains joueurs (parfois tous les joueurs) font une mise forcée - un système qui permet d'amorcer le pot en tout début de partie.
La donne
Au début du coup, le donneur désigné doit d'abord bien mélanger le paquet, en prenant soin de n'exposer aucune carte. Une fois qu'il a terminé, le joueur à sa droite coupe les cartes en prenant quelques cartes sur le dessus du paquet et en les plaçant à côté du reste du paquet. Le donneur prend les cartes restantes et les place par-dessus. Le donneur distribue ensuite les cartes aux autres joueurs, en prenant toujours celles du
dessus du paquet. Chaque joueur reçoit une carte à la fois, en commençant par le joueur qui se trouve directement à sa gauche. Les cartes sont distribuées dans le sens des aiguilles d'une montre, jusqu'à ce que tous les joueurs aient le nombre requis de cartes, en fonction de la variante. Au draw, par exemple, chaque joueur commence par recevoir 5 cartes, faces cachées. Au stud à 5 cartes, les joueurs reçoivent d'abord 2 cartes, la première étant donnée face cachée et l'autre face découverte.
Les tours d'enchères
Chaque tour d'enchères est l'occasion pour tous les joueurs encore en lice de décider s'ils souhaitent rester dans le coup ou non. Selon la variante, les enchères peuvent être facultatives ou obligatoires. Au stud à 7 cartes, par exemple, le joueur qui a la carte découverte la plus basse après la donne doit faire une enchère qui s'appelle le bring-in. Tout joueur qui souhaite rester dans la main doit ensuite miser des jetons, à hauteur de l'enchère la plus élevée engagée jusqu'alors. Au Texas Hold'em, après le « flop» (lorsque les trois premières cartes communes ont été placées au milieu de la table), :ous les joueurs qui se trouvent encore dans le coup peuvent décider de ne rien miser : ils annoncent parole ». Dans ce cas, une autre carte commune est placée au milieu de la table et l'on procède au tour enchères suivant. L'évolution du poker est allée dans le sens d'une augmentation du nombre des tours enchères et du nombre de cartes dont dispose chaque 'oueur pour composer sa main. Il y a trois raisons à cela. Premièrement, pour augmenter la taille du pot et inciter les joueurs à rester plus longtemps dans le coup. Deuxièmement, pour obliger les joueurs qui n'aiment pas prendre des risques à rester dans le jeu. Troisièmement, pour donner leur chance aux joueurs plus habiles.
LE RÔLE DU DONNEUR
Le donneur est responsable de la distribution des cartes et s'assure que les règles du jeu sont respectées.
Cela implique de surveiller le déroulement de la partie pour s'assurer que personne ne saute son tour, que les montants des enchères sont corrects et que l'étiquette est respectée. Dans les casinos et les clubs, ce rôle est dévolu aux croupiers professionnels. Dans les parties privées, on se partage la responsabilité à tour de rôle. Il est important que le donneur continue de s'acquitter de ses fonctions même lorsqu'il n'est plus dans le coup.
La désignation du gagnant
Il y a deux manières de désigner le gagnant d'un coup. Si à la fin du dernier tour d'enchères, il y encore au moins deux joueurs en lice, on procède à l'abattage: ils montrent leurs cartes et la meilleure main remporte le pot. S'il y a égalité, le pot est partagé entre les joueurs qui possèdent des mains de valeur égale. L'autre façon de remporter le pot est de faire une enchère que personne n'est prêt à suivre. Dans ce cas, le joueur qui a engagé la dernière mise peut s'adjuger le pot sans révéler ses cartes.
LES ENCHÈRES
Avant de pouvoir jouer au poker, il est essentiel de bien comprendre les termes employés pour décrire les différentes enchères. Ces expressions seront familières à quiconque a suivi des parties de poker à la télévision, mais il n'en est pas moins nécessaire de définir ces termes avec précision, de manière à éviter tout malentendu.
Les antes et les blinds
Les antes sont des mises obligatoires qui sont parfois exigées des joueurs avant la donne, pour amorcer le pot. Leur montant est généralement assez modeste, en comparaison des sommes qui seront engagées par la suite. Le nombre de joueurs obligés de payer un ante (aussi appelé ante-up) dépend de la variante. En règle générale, plus il y a de tours d'enchères avant l'abattage, plus les antes seront modestes. Dans les parties de Texas Hold'em et d'Omaha, les enchères forcées s'appellent des blinds (le mot, prononcé comme « blinde », est employé au masculin ou au féminin en français). C'est aux deux joueurs qui se trouvent à la gauche du donneur de faire ces mises qui, comme leur nom anglais l'indique, sont engagées « à l'aveuglette », avant même d'avoir reçu des cartes.
Suivre et passer
Pour suivre (ce que les anglo-saxons appellent see, ou call), un joueur doit miser une somme équivalente à la plus forte enchère en cours. Par exemple, si un premier joueur a misé 50 jetons, les autres joueurs, pour le suivre, doivent miser 50 jetons à leur tour. S'ils ne veulent pas le suivre, ils peuvent passer (ou se coucher: en américain, fold). Il leur suffit de mettre leurs cartes de côté, sans les découvrir, et d'annoncer « je passe ». Ce faisant, ils sortent du coup et abandonnent toute prétention au pot, quel que soit le nombre de jetons qu'ils y ont investis.
LES OUVERTURES ET LES RELANCES
Les deux éléments clés du poker sont les ouvertures et les relances. En augmentant le prix qu'il faudra payer pour rester dans le coup, ouvertures et relances dissuadent les autres joueurs de continuer à concourir pour le pot. C'est une démonstration de force. Le terme d'ouverture (bet) se réfère spécifiquement à la première enchère engagée au cours d'un tour d'enchères. Les enchères suivantes prennent le nom de l'annonce qui l'accompagne: un calliorsqu'un joueur suit la première enchère « pour voir », ou une relance (raise) s'il fait une mise supérieure à la plus haute enchère déjà engagée. Dans la majorité des cas, la relance équivaut au double de la mise initiale. Si par exemple la mise initiale est de 50 jetons, tout joueur qui souhaite relancer misera généralement 100 jetons: 50 jetons pour voir (call), et 50 jetons de relance (raise).
Parole
En supposant que personne n'ait rien misé (ni mise forcée, ni la moindre enchère), les joueurs ont le droit d'annoncer « parole» (on emploie souvent en français l'expression américaine, check, prononcée [tchek], ou « checker ») et de ne rien miser. Ce faisant, le joueur reporte la décision de miser à plus tard, tout en restant dans le coup. Si un joueur décide ensuite d'ouvrir les enchères (bet), celui qui a annoncé « parole» devra, lorsque ce sera de nouveau son tour, choisir entre suivre, relancer et passer. Dans les parties à enchères modestes, on choisit parfois de limiter ou d'interdire la possibilité d'annoncer parole, pour éviter que les joueurs frileux n'y aient trop souvent recours.
Les annonces
Lorsqu'on prend une décision au poker, il est très important d'annoncer son intention à haute et intelligible voix: « je suis », « je relance de tant », « je passe» ou «parole ». Il faut éviter la moindre ambiguïté. On doit faire son annonce avant d'avancer ses jetons. C'est une manière d'éviter ce qu'on appelle les string bets, lorsqu'un joueur avance lentement ses pions vers le pot, un à un, afin d'observer les réactions de ses adversaires avant de se décider.
BRÛLER UNE CARTE
Le muck est la pile des cartes qui ont été écartées pendant le coup. Au fur et à mesure que les joueurs passent et abandonnent, ils mettent leurs cartes de côté en les plaçant face cachée avec les autres cartes écartées. C'est au donneur qu'incombe la responsabilité de s'assurer que seuls les joueurs qui sont encore en lice ont des cartes devant eux.
Au Texas Hold'em et à l'Omaha, seuls les deux joueurs situés à la gauche du donneur doivent s'acquitter de l'enchère forcée, qui s'appelle blind. Dans notre exemple, le donneurestlejoueurA. Le joueur B doit s'acquitter d'un petit blind (10 jetons) et le joueur C d'un gros blind, généralement le double du petit (soit 20 jetons). Après la donne, c'est le joueur D qui sera le premier à décider s'il veut participer à la main ou non.
LES STYLES D'ENCHÈRES
Comprendre les styles d'enchères et la manière dont ils peuvent influencer le déroulement d'une partie de poker est essentiel. Plusieurs systèmes ont été mis au point au fil des années afin de pouvoir satisfaire tous les goûts et tous les tempéraments. Les joueurs les plus prudents ont tendance à préférer les petites enchères et les parties de fixed-limit ou de spread-Limit, qui sans être les plus lucratives offrent l'avantage d'être plus faciles à contrôler. Ceux qui ont le goût du risque leur préféreront les parties de pot-limit et le no-Limit, où pertes et gains sont plus conséquents, et les retournements de situation beaucoup plus spectaculaires.
Parties à enchères limitées: fixed-limit
Ce système est celui que l'on emploie généralement pour les parties privées. Sa popularité est teUe qu'on le trouve souvent proposé dans les casinos et en ligne. Dans une partie à enchères limitées, le montant des enchères est décidé à l'avance. Généralement, les enchères augmentent au fur et à mesure, pendant le coup. Dans une partie de stud à 5 cartes, par exemple,
Les enchères limitées: spread-Limit
la différence du (ixed-limit, le spread-limit fixe un minimum et un maximum pour les enchères, qui peuvent varier entre ces deux extrêmes. Dans une partie de 100/300 spread-limit, par exemple, un joueur peut miser n'importe quelle somme entre 100 et 300 jetons, à tout moment. Toute relance devra respecter ces paramètres. Les variantes qui comptent plusieurs tours d'enchères peuvent prévoir une augmentation progressive des minima et des maxima. Dans une partie de Texas Hold'em 100/300/500/1 000, par exemple, les deux premiers tours d'enchères verront les enchères limitées à 100 jetons minimum et 300 jetons maximum, alors qu'au troisième et au quatrième tour d'enchères, le minimum sera de 500 jetons et le maximum de 1 000 jetons.
Enchères limitées au montant du pot: pot-limit
Cette structure est celle que préfèrent les joueurs expérimentés. Elle est déconseillée aux débutants, pour lesquels elle peut s'avérer très coûteuse. Dans une partie de pot-limit, l'enchère minimum est définie comme au {ixed-limit, et le maximum est déterminé par la taille du pot à tout moment. Imaginons une partie de pot-limit 100/200. Les antes s'élèvent à 100 jetons. Au premier tour d'enchères, le premier joueur à ouvrir les enchères doit miser 100 jetons. Ce faisant, il porte le pot à 200 jetons. Le joueur suivant peut soit suivre avec 100 jetons soit, s'il veut relancer, ajouter jusqu'à 300 jetons supplémentaires (la somme des 100 jetons des antes, des 100 jetons du premier joueur et des 100 jetons qu'il a avancés pour suivre). Le pot vaut désormais 600 jetons. Le joueur suivant a le choix entre suivre avec 400 jetons ou de relancer avec 1 000 jetons supplémentaires, ce qui signifie qu'il aura misé un total de 1 400 jetons et que le pot vaudra désormais 2 000 jetons. Cela illustre à quelle rapidité les pots peuvent augmenter dans une partie agressive de pot-limit.
Le poker sans limite d'enchères: no-limit
Ce style d'enchères peut être employé dans toutes sortes de tournois. Il y a des enchères minima, comme dans une partie de {ixed-limit, mais il n'y a pas de maximum. La seule limite tient à la quantité de jetons des joueurs. Miser tous ses jetons sur un coup est une manière d'exercer une pression maximale sur ses adversaires, lorsqu'on est en position de force. Cela peut aussi être interprété comme un acte de désespoir, lorsqu'on n'a plus beaucoup de jetons. Le no-limit est le système de prédilection des bluffeurs. Pour cette raison, il n'est pas recommandé aux joueurs inexpérimentés, plus facilement impressionnables.


